25 Mai 2013 - Le MUR d’Hopare

25 Mai 2013

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> Hopare

Rencontre avec Hopare, un artiste confirmé à suivre de près.

Originaire de la banlieue sud parisienne, Hopare est un jeune artiste déjà en place dans le milieu. Rencontre avec un as du dessin et de la matière qui manie la bombe avec ferveur.

FC : D’où viens-tu Hopare? Racontes-nous tes débuts et ta découverte du graffiti.
Je suis originaire de la banlieue sud de Paris, dans le 91. Ma découverte du graffiti a commencé en Juin 2003 lorsque j’avais 13/14ans, je suis entré pour la première fois dans un vieille usine de ma ville, un gros spot encore vierge à l’époque. On y allait entre amis après les cours et le week end pour y squatter. Au fur et à mesure le spot s’est fait connaître, j’ai donc pu rencontrer beaucoup de graffeurs dont Smooth pendant 2 ans.
Puis en 2005, nouvelle année et nouvelle rentrée des classes, avec me direz-vous les cours d’art plastique basique du collège, sauf quand votre prof s’appelle Shaka.
Plus de récréations pour moi et mes potes, on restait la plupart du temps avec lui dans sa classe, on parlait de tout et de rien et il nous montrait des flops de lettrage. Nous lui avons fait connaître notre spot si bien qu’il nous y rejoignait après les cours, une belle amitié et des connexions se sont ainsi crées. Shaka a été un moteur et une grosse source d’inspiration pour moi et mes acolytes, je continuerai à le dire avec fierté.
C’est en 2006 que j’ai « gribouillé » mon premier mur. Un peu plus tard Etyr, membre du LWA m’a fait entrer dans le crew, il se compose aujourd’hui de Niack, Skila, Thala et Noway.

FC : Que signifie ton nom et comment l’as-tu trouvé?
Je cherchais un blaze qui sonne bien, avec lequel je pourrais trouver des lettres particulières et surtout une jolie calligraphie. Avec « Hopare » j’ai tout de suite trouvé un tag qui m’a plu, formé de barres parallèles en italique. Mon style s’est sculpté autour de ce tag.

FC : Pour quel(s) crew(s) tu représentes?
Pour 470 avec HStar et Eskap. Pour LWA avec Thala, Niack, Herveb et Noway. Pour TSF avec Papy, Milouz, Kotek, Morne, Croute, Krol, Ba.2k, Brinks et Rond.

FC : Comment tu définirais ton style?
Un style abstrait, graphique, floral. Je considère mon style pur et aiguisé, comme un diamant, avec une recherche du trait parfait.

FC : Quelle est la place du graffiti dans ta vie?
Voilà maintenant un an et demi que « j’essaie » d’en vivre, avec des plans de prestations pour des soirées évènementielles, des battles de Hip Hop, des marques de vêtements et de la décoration d’intérieur.
Je bosse aussi avec une boîte d’art contemporain sur Paris et l’association H2G en banlieue sud.

FC : Qu’est-ce que tu aimes dans le graffiti?
Si je n’avais pas été dans ce milieu, je n’aurais pas rencontré autant de personnalités aussi folles les unes que les autres. J’aime les soirées entre potes où l’on sketche dans des bars, où l’on prépare nos fresques, ces weekend à l’étranger pour découvrir des spots, des friches… Nos soirées tournent souvent autour du même thème « danse, rap et graffiti » mais on ne s’en lasse pas, l’important c’est de ne pas se prendre la tête.

FC : Quels sont tes goûts en terme de livres et de films (ton meilleur film, meilleur album, et meilleur livre par exemple)?
Meilleurs films : La Censure et Mort au Combat d’Ambroise Prince. Pour la musique, Ceci n’est pas du rap français d’Ekim’oz. Et pour finir mon meilleur livre c’est Cœur Inconnu.

FC : Ta citation préférée?
« Le présent, c’est maintenant ! ».

FC : Tes sources d’inspiration?
Je m’inspire énormément du monde qui m’entoure. Du tracé architectural du paysage urbain à la campagne où je vis, par exemple pour les motifs floraux que l’on retrouve dans mes peintures. Je m’inspire aussi des gens que je croise dans la rue, dans le métro ou en soirée, de leur comportement et des émotions qu’ils dégagent.

FC : Cites-nous un artiste dont tu admires et respectes le travail.
Je me répète mais Shaka est pour moi le n°1 dans beaucoup de domaines.
J’aime son travail, ses compositions, les thèmes qu’il aborde et surtout le discours qu’il tient derrière ses œuvres. J’admire également beaucoup le travail d’Aryz, avec ses peintures monumentales plus poétiques les unes que les autres.
J’admire Nosbe aussi, pour sa spontanéité et son univers.

FC : Si ton style était une chanson ou un groupe de musique ce serait quoi?
Si mon style devait être un groupe ce serait sans hésiter Ekim’oz, car ce groupe est instinctif, à la fois réfléchi et freestyle. Il déborde d’idées et de talents.
Et si je devais être une musique ce serait « 2 sur le beuz » de Mc’Laab et MKeys du groupe Groovin’club. Humour, dérision : on brise les barrières!

FC : Comment organises-tu tes peintures? Tu fais des sketches ou tu es plutôt freestyle? Est-ce que tu as tes petites habitudes?
Pour mes peintures, le plus souvent ce sont des freestyles pour les terrains. Je mets une couche d’apprêt et j’improvise directement sur le mur. Je privilégie la spontanéité, j’étale d’abord de façon aléatoire mes couleurs puis je sculpte mes formes et les éléments figuratifs ensemble pour donner un aspect « plaqué contre l’autre ». Pour casser cette phase robuste et rigide, j’y inclue des sortes de cheveux, des muscles, des formes plus souples pour aérer mes peintures.
Je dessine énormément de visages, de décors, d’ambiances mais la plupart de mes phases sont des « freestyles » car j’aime me laisser guider par le mur, par sa forme, sa texture, et par le lieu où je me trouve.

FC: Tu as réalisé certaines fresques impressionnantes avec le TSF crew. Peux-tu nous parler de votre collaboration?
La rencontre avec les TSF a eu lieu principalement dans un entrepôt en banlieue où on se croisait assez souvent. Le courant passait bien et à force de peindre les uns à côté des autres ils m’ont invité à les suivre au festival « Le temps d’une couleur » à Gap. Ce sont les premières personnes qui ont reconnu mon travail. Durant ce festival j’ai aussi rencontré les graffeurs des TSF « Mexique », c’est à dire ceux du Sud.
Voilà maintenant quelques mois que je fais partie du mythique TSF crew, nous réalisons des gros murs en friche pour le plaisir et travaillons sur des projets plus professionnels.

FC : Tu as aussi participé à de nombreuses battles notamment celle en Juillet dernier avec le TSF crew vs Team Orbit119, qu’est-ce qui te motive le plus dans ce genre d’action?
J’aime les battles, on y fait des rencontres pas toujours drôles mais celle avec les Orbit119 était vraiment cool. Le fait d’avoir des contraintes ne m’enchante pas tellement mais c’est un bon exercice de rapidité et d’improvisation. Après peu importe le résultat, le but est de se faire plaisir et de rencontrer des personnes qu’on aurait pas croisé dans la vraie vie.
Gagner des battles fait toujours plaisir surtout quand on devient champion de France par équipe via Write4Gold en 2011.

FC : Tes créations ne s’arrêtent pas aux murs de la ville, tu as aussi peint sur du mobilier et des objets de décorations dans le cadre du projet lancé par la boutique « L’appart », pour toi le street art a donc aussi sa place dans nos intérieurs?
Dans la vie, dans ma manière de penser, dans mes peintures, j’ai le même but : me propager, envahir, saturer, accumuler… Pour moi c’est comme si vous n’aviez pas le choix. Plus sérieusement, je ne sais pas si le street art a réellement sa place dans nos intérieurs mais si des gens apprécient mes productions, sont prêts à investir et accueillir mes œuvres chez eux, moi je dis OUI.

FC : Quelle réaction tu voudrais que ton graff évoque chez les gens?
Juste créer une émotion, c’est déjà pas mal. J’aimerais que mes peintures apaisent les gens, qu’ils aient une autre vision du street art, qu’ils se grattent la tête en cherchant de nouveaux détails, qu’ils s’évadent…

FC : Quel serait pour toi le spot parfait, et le graffiti parfait?
Pour moi le spot parfait c’est une façade de bâtiment rouillée, usée, craquelée, fissurée, en pleine rue d’une grosse ville pour une visibilité maximum.
Le graff parfait serait celui qui envahit les murs avec une touche de poésie et de pureté, avec des détails aussi aiguisés les uns que les autres.

FC : Dans quelle direction tu veux faire évoluer ton style?
Je voudrais mélanger peinture traditionnelle et peinture à l’aérosol dans des compositions tour à tour abstraites, figuratives, denses, aériennes et aiguisées tel un diamant. Livrer un imaginaire coloré et foisonnant.

FC : Tu prépares actuellement ton exposition solo pour 2012, tu travailles donc beaucoup en atelier. Entre rue et atelier, quel est le bon équilibre pour toi? Est-ce que tu privilégierais plus l’un que l’autre sur la longue durée et si oui, sur lequel?
Je travaille énormément en atelier pour préparer des œuvres en bois, des toiles grand format et des installations. C’est un lieu où je me sens au calme pour travailler sur des projets et des concepts.
Pour moi la rue reste et restera le meilleur atelier pour un artiste urbain. C’est là que je puise la meilleure inspiration, que je trouve les meilleurs supports et la meilleure visibilité.
Les gens, les murs, l’architecture urbaine et l’agitation jouent énormément dans mes créations.
J’aime travailler en atelier mais je veux rester un artiste de rue avant tout et faire partager mes œuvres qu’elles soient légales ou non. Tous les jours nous sommes exposés à des tonnes et des tonnes de publicité, que l’on soit d’accord ou non on nous les impose. Alors pourquoi ne pas imposer mes peintures aux yeux des gens avec pour seul slogan « Regarde et kiffe »?

FC : Donne-moi une liste de mot pour définir le graffiti selon toi.
Bombe, pinceaux, rouleaux, murs, trains, rue, adrénaline, plaisir, amitié, crew, Hip Hop, musique, voyage, rencontre, histoire, respect, monumental, réflexion, lettre, route.

FC : Qu’est-ce qui fait pour toi qu’un graff est réussi?
Pour ma part à chaque fois que je termine une peinture, j’ai toujours le même sentiment : celui que ma peinture n’est pas réussie. Donc je veux toujours faire mieux et aller plus loin. Mais sinon si la personne qui passe devant s’y arrête un moment, se gratte la tête et « voyage », pour moi elle est réussie.

FC : À qui appartient la rue?
Pour moi la rue appartient à tout le monde, surtout à ceux qui veulent la rendre plus colorée et joyeuse. Je prends la rue comme un atelier et une galerie géante où chacun peut venir exposer ses œuvres.

FC : Quelle serait pour toi l’ultime reconnaissance?
Pour donner un exemple, un jour où j’étais dans une galerie parisienne pour l’expo d’un street artiste, j’ai demandé quelques renseignements sur cette galerie et la façon dont elle procédait pour présenter des artistes. La personne m’a pris de haut en me demandant mon âge et mon blaze, je sentais dans son regard qu’elle ne me prenait pas au sérieux.
Pour moi l’ultime reconnaissance serait donc d’être uniquement pris en compte pour la qualité de mes œuvres, que je sois connu ou non.

FC : Est-ce que le graffiti rend libre?
C’est un peu contradictoire, je pense que quand on rentre dans le monde du graffiti ou du street art en général, on ne peut plus vraiment en sortir. C’est une sorte de drogue et pour ma part carrément une religion. On parle graffiti, on vit graffiti, on mange graffiti.
Il y a des gens qui passent devant des tags, des graffs ou des collages sans même y prêter attention, moi mon regard se porte directement dessus quand je suis en voiture par exemple, je regarde plus les peintures que la route! (rires).
À la fois le graffiti rend libre par la manière dont tu l’utilises, moi quand je ne sais pas quoi faire je dessine, quand le temps me le permet et que j’ai envie de penser à autre chose je vais peindre, c’est une sorte d’évasion et de pause.

FC : Quels sont tes défauts et qualités?
J’ai énormément de défauts mais le principal est que je suis vraiment tête en l’air, je pense à beaucoup de choses donc j’en oubli la moitié.
Et ma qualité première c’est ma « joignabilité », car je suis joignable à tout moment!

FC : Tu pratiques une autre forme d’art, mis à part le graff?
J’aime énormément la photographie, mon appareil photo est aussi un objet d’inspiration pour mes peintures. À chaque sortie entre amis, en week end ou en voyage je l’ai sur moi car j’aime garder en souvenir tout ce que je vois, pour le ressortir plus tard et m’en inspirer.

FC : Quelle est ta couleur préférée?
Je n’ai pas vraiment de couleur préférée, j’aime à la fois les couleurs chaudes et psychées comme les couleurs plus douces.

FC : Une anecdote sur tes sessions graff?
Avec les TSF nous sommes allés en Belgique car nous avions trouvé sur le net une friche à visiter, c’était un lieu magique et tellement beau qu’on n’a même pas peint on a surtout pris des photos. Le soir même nous sommes allés dans un bar à Bruxelles pour préparer notre peinture du lendemain, à peine sortis du bar on voit un mec un peu bourré qui fait tomber une poubelle avec une voiture de flics qui arrive à la seconde et l’embarque. Sur le coup on s’est regardé et on s’est dit que les policiers belges étaient chauds. Le lendemain matin nous sommes partis sur notre spot qui se situait dans un parc sous le périphérique de Bruxelles à Anderlecht. Quand nous sommes arrivés j’ai mis en route la caméra et j’ai remarqué qu’un hélicoptère de la police était au dessus de nous. Le temps qu’on se change et qu’on prenne les sacs de peinture, j’ai entendu derrière moi des mecs gueuler et braquer avec des flingues Papy et Milouz. Ils nous ont fouillé et demandé nos papiers, en finissant par nous expliquer qu’un braquage à main armée avait eu lieu à Anderlecht et qu’on avait la même voiture que les suspects. En nous voyant nous changer ils ont pensé qu’on cherchait à se cacher.
Une fois qu’ils sont partis, on s’est posé quelques minutes pour se détendre et en rire, mais c’est un moment que je ne risque pas d’oublier.

FC : Des projets à venir?
Des peintures à l’étranger et faire ce qu’il me plaît!

FC : C’est quoi ton but ultime?
Mon but ultime est de pouvoir voyager grâce à la peinture, exposer dans des galeries et peindre dans des grandes villes européennes voir mondiales. Je ne veux pas avoir la prétention de vivre du graffiti loin de là mais je veux simplement faire découvrir mon travail ailleurs que dans ma petite campagne et je voudrais qu’au premier regard on se dise « Regarde, ça c’est du Hopare ».

FC : Le mot de la fin, dédicaces?
Faites vous plaisir, dévouvrez de nouvelles choses et à bientôt dans la rue!
Dédicaces à Shaka, Nosbé, Papy, Kotek, Brinks, Milouz, Morne, Gerso, Jamal, Mc’Laab, MKeys, Groovin’club, Mourli ghetto, Ambroise, Ekim’oz, Thala, Niack, Noway, Eskap, HStar, 470 crew, Kashink, Morac, Brigitte, Rafio, Kronyk, Xav, Pierre, Maximilien, Titoy, Morf, Hadar, HDC crew, Jivaro… Sans oublier ma famille!

Interview réalisée par le site fatcap en février 2012




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Hopare

Jean-Michel Jego
Artiste sculpteur

Jean-Philippe Burnel
Artiste peintre

Véronique Attia
Artiste peintre

Chantal Caron
Directrice artistique et Chorégraphe

Olivier Viaud
Compagnie de Danse

VANLUC
Artiste 360°

Marc Taupin
Photographe

Serge Visière
Photographe amateur

Alexandre Surre
Photographe Professionnel

The Road Assignment Project
Folk Pop Jazz

Mariegolotte
Photographe

Vanluc et deCaroline
Couple d’artistes à la ville comme à la scène…

Laurence L’Horset
Peintre

Guillaume Guibert
Artisan-artiste autodidacte

Laurence Mateudi-Pierrain
Photographe Street-Art

Goujou´s

Nicolas Teplitxky

J Amate

VanLuc
Artiste peintre

Patrick FORT

Michael BEERENS

Stoul

Shaka

Mosko & associés

RCF1

RERO

Speedy Graphito